Biodiversité 2 min

Les scientifiques annoncent le retour des poissons migrateurs dans la Sélune en Normandie

Le programme de suivi de la restauration écologique du fleuve Sélune en Normandie révèle des premiers résultats prometteurs après l'effacement de 2 grands barrages : le barrage de Vezins, démantelé en 2019-2020, et le barrage de La-Roche-qui-Boit, démantelé en 2022-2023.

Publié le 08 novembre 2023

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© INRAE

Depuis 2012, une équipe de chercheurs et spécialistes de l'environnement s'est engagée dans un suivi scientifique rigoureux et multidisciplinaire pour évaluer les impacts du démantèlement des barrages sur la biodiversité, la qualité de l’eau de la Sélune et son territoire. Quelques mois après les démantèlements des barrages, les premiers résultats sont spectaculaires.

  • Le retour des grands poissons migrateurs : Avec l’effacement des barrages, les poissons migrateurs, notamment le saumon atlantique, l’anguille européenne et la lamproie marine, remontent la Sélune pour s’y rétablir après plus d’un siècle d’absence. Ainsi, sont renoués des cycles migratoires entre l’océan et la rivière qui sont essentiels à ces espèces.
  • L'amélioration de l’état écologique du fleuve : Les premières analyses montrent une nette amélioration de l’état écologique du fleuve dans certaines zones, créant un environnement plus favorable à la faune aquatique. La présence d’invertébrés aquatiques (insectes, larves) sensibles aux polluants et à la quantité d’oxygène confirme cette amélioration.
  • La recolonisation des berges par la végétation : Les berges de la Sélune se régénèrent progressivement malgré les nombreuses interventions lors des travaux. La végétation qui recolonise les berges est riche et variée. Elle est marquée par l’arrivée progressive de plantes pérennes et arbres, qui offriront ombrage, stabilité et espace vital à une variété d'espèces, notamment des oiseaux, des amphibiens et des invertébrés.
  • La restauration de la continuité fluviale et sédimentaire : La déconstruction des barrages a permis aux sédiments, autrefois piégés par les ouvrages, de reprendre leur transit naturel vers l’aval. Cette restauration de la continuité sédimentaire est essentielle pour le maintien et la régénération des habitats fluviaux. Elle contribue également à la fourniture de nutriments vitaux pour la faune et la flore aquatique, jusqu’à l’estuaire.
  • Une diminution de la température de l’eau à l’aval : Les lacs de barrages réchauffaient l’eau jusqu’à +2 °C pendant l’été. La suppression de cette anomalie thermique est favorable à l’établissement d’espèces sensibles et clés pour la stabilité du nouvel écosystème de la Sélune. Elle est particulièrement importante dans le contexte actuel de réchauffement climatique.

Le programme scientifique sur la Sélune a débuté en 2012 et se poursuivra jusqu’en 2027. Une soixantaine de scientifiques de différents organismes spécialisés en géologie, hydrologie, chimie, biologie, sciences humaines et sociales sont mobilisés. Le programme scientifique Sélune est coordonné par Jean-Marc Roussel, directeur de recherche INRAE, et par Laura Soissons, ingénieure de recherche INRAE.  Il bénéficie du soutien financier de l’Agence de l’Eau Seine Normandie, de l’Office français de la biodiversité ainsi que des laboratoires et instituts de recherche auxquels sont rattachés l’ensemble des scientifiques du programme. 

www.programme-selune.com

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