Dossier revue
Agroécologie

Biocontrôle : du curatif au préventif

Le biocontrôle représente une alternative au modèle de l’agrochimie. Il est fondé sur la prévention et les régulations naturelles. INRAE s'est engagé dans le Grand défi « Biocontrôle et biostimulants » pour développer des filières innovantes ainsi que dans le programme prioritaire de recherche « Cultiver et protéger autrement ».

Publié le 13 octobre 2023

L’enjeu du déploiement du biocontrôle

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Punaise auxiliaire des cultures (Perillus bioculatus) se nourrissant d’œufs de doryphore (Leptinotarsa decemlineata), insecte ravageur de la pomme de terre. © INRAE - Jeanne Daumal

Le marché du biocontrôle connaît une croissance annuelle à deux chiffres et atteint 13 % des ventes de pesticides en France en 2021… Pour Thibaut Malausa, il faut sortir du modèle de l’agrochimie basé sur la commercialisation de produits pour aller vers des méthodes qui utilisent la prévention et les régulations naturelles, comme la lutte biologique par conservation. Cela demande beaucoup d’innovation organisationnelle pour agir collectivement à l’échelle d’un territoire. Mais cette régulation à long terme est infiniment plus durable économiquement que l’utilisation récurrente d’un produit. 
C’est l’objet des réflexions du consortium Biocontrôle, opérationnel depuis 2016, qui réunit une cinquantaine d’acteurs de la recherche et des entreprises, pour innover et contribuer à l’essor du biocontrôle à travers l’identification des infrastructures et compétences en France et en Europe et la conduite de projets de recherche communs.
Le PPR CPA sera un apport précieux pour l’innovation de rupture en biocontrole, parfois associée aux nouvelles solutions en agroéquipements et robotique. INRAE travaille également sur les médiateurs chimiques et les paysages olfactifs dans le but de brouiller la communication entre insectes et réduire ainsi leurs attaques, sur la lutte biologique par conservation, qui mobilise la diversité végétale et l’aménagement du paysage au bénéfice des auxiliaires des cultures, et sur de nouvelles stratégies de lutte autocide. 
Le projet « Enfin ! » vise à introduire des souches de microorganismes pouvant se croiser avec les souches naturelles et les rendre moins pathogènes, ou perturber leur reproduction et les rendre stériles.
Il travaille sur la tavelure du pommier (Venturia inaequalis).

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Un Grand défi pour l’innovation en biocontrôle et biostimulation

INRAE travaille sur les médiateurs chimiques et les paysages olfactifs dans le but de brouiller la communication entre insectes.

Le projet de Grand défi Biocontrôle et biostimulation* pour l’agroécologie s’inscrit dans la stratégie d’accélération France 2030 qui vise à doper l’innovation. Il réunira la recherche publique académique et la recherche appliquée, le développement agricole et les industriels d’amont du biocontrôle et des biostimulants, avec de nouveaux acteurs qui s’intéressent aussi à ce domaine : coopératives, industries de transformation… « Valoriser les productions pour leur qualité en lien avec la démarche agroécologique et rémunérer les différents acteurs de la chaîne pour cela, va tirer l’innovation, permettre de fixer des cahiers des charges pour l’amont, d’assurer les gens qui prennent les risques », souligne Thibaut Malausa, écologue à l’Institut Sophia-Agrobiotech, qui contribue à la construction du Grand défi Biocontrole et biostimulation pour l’agroécologie. 

* Le biocontrôle aide la plante à lutter contre ses bioagresseurs tandis que les biostimulants l’aident à surmonter les stress climatiques et nutritionnels, ou améliorent ses qualités, notamment organoleptiques.

FOCUS

Une stratégie durable de protection des plantes implique de combiner plusieurs leviers, par exemple en mobilisant le biocontrôle et la génétiques. Illustration chez le pommier :

  • Nicole Ladet

    Rédactrice

    Direction de la Communication
  • Thibaut Malausa

    Contact scientifique

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